01 août 2014

LES BOIS RAKU DE MARC LAFFOLAY

30 juillet, lors d'un "entre midi et deux", en passant par le Vieux Nice, je m'arrête à la Galerie des Dominicains. Les expos y sont toujours d'un bon niveau grâce à la sélection de cette communauté religieuse de tout temps passionnée d'Art et de culture. Bien m'en a pris, car les sculptures de bois de Marc LAFFOLAY m'ont tout de suite interpellée !

MARC LAFFOLAY"Square-1381" Photo Droits Marc Laffolay

marc laffolay sculpteurDu bois partiellement brûlé, des formes très contemporaines, des silhouettes suggérées...dans une variété infinie de bruns à la texture proche du velours.

Le sculpteur assure la permanence de l'expo commune avec un ami peintre niçois et j'en profite bien évidemment pour demander le pourquoi et le comment de ces créations originales. Très simplement, Marc LAFFOLAY m'explique qu'il travaille le bois comme on travaille l'argile avec la technique du raku !

Cela semble impensable et pourtant il arrive à maîtriser le feu pour qu'il ne détruise pas l'oeuvre mais qu'il la magnifie : "comme dans la céramique raku, on ne peut pas savoir à l'avance ce qu'il en sortira...". Ses sculptures sont taillées dans un bloc de bois, entre matière et vide, aucun assemblage.

Son site à découvrir : http://www.marclaffolay.com

Contact Marc Laffolay 21 rue à Poulet 80250 HALLIVILLERS m.laffolay@gmail.com

 

23 juin 2014

RUN A COLUCHE 2014

 Mon compagnon ayant un deux-roues, c'était l'occasion ou jamais de pouvoir participer à cet "open bike memory" ou Run à Coluche 2014 organisé, comme chaque année, par l'association LA MOTO EN FETE (relire ICI) ! Une expérience très sympa, impressionnante par le nombre de motos, l'enthousiasme du public le long du parcours, la discipline des participants, l'émotion collective 28 ans après le départ d'un mec bien !

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

Villeneuve Loubet village, dimanche 22 juin au matin, les organisateurs annoncent au micro le départ du run à 10h15 et chacun se dirige tranquillement vers sa moto. Je me dis qu'avec plus d'un millier d'engins stationnés ça va être un beau bordel pour que tout le monde arrive à s'engager vers la sortie et sur la route... Pas du tout ! incroyable de courtoisie, aucun besoin de faire la circulation, dans le vrombissement des motos (pour le spectacle uniquement) chacun avance doucement et la file se forme calmement, passant même au beau milieu des stands !

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

La balade jusqu'à Opio dure une trentaine de minutes, le cortège s'étire sur plusieurs kilomètres, toutes cylindrées confondues, toutes générations confondues. A côté de nous, un papa avec son petit garçon, des bikers d'un âge certain, tout cuir... et des petits jeunes, fiers de leur première "grosse" moto ! Coluche a été recordman mondial en 750cc à 252,087 Km/h... En bordure de route, le public  applaudit à notre passage et agite des drapeaux ! un petit air de tour de France...

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

L'arrivée à Opio est tout aussi impressionnante. Sous la surveillance de la gendarmerie et des motards de la sécurité "organisation", le carrefour "Coluche" est complétement fermé à la circulation, la route d'accès est un immense parking. Des milliers de personnes convergent tranquillement vers la stèle commémorative, pour chacun à son tour y déposer une fleur. 

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

Un "Coluche" plus vrai que nature traverse la foule, se prête au jeu des photos souvenir... Coïncidence ou pas, ce sosie est plutôt proche de l'âge qu'aurait eu Coluche aujourd'hui, et c'est émouvant.

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

Au fil des ans, des petits mots, des poèmes, des dessins, des photos, autour d'une simple stèle artisanale mais bien entretenue par les gens du coin, et surtout visitée par des milliers de personnes ! "Salut, mon poteau, mon copain tu m'tiens chaud, veille sur moi et je roule pour toi... S." Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

12h30 Difficile de quitter cette ambiance conviviale entre pélerinage et kermesse sur fond de musique rock... Retour sur Villeneuve Loubet pour visiter les stands de la fête de la moto, admirer de beaux spécimens et assister à un concours de "course lente" ! Le but : rouler le plus lentement possible, le 1er qui met le pied parterre a perdu. Et les motardes ne sont pas les moins habiles à ce jeu là !

Run coluche 2014, Villeneuve loubet, Opio

Les filles ne sont pas non plus en reste du côté "tatouages". Et là aussi, un concours s'impose...

Une belle manifestation qui réunit chaque année des centaines de fidèles et attire aussi de nouveaux participants dont j'étais très heureuse de faire partie pour cette édition 2014. Quelques photos ICI.

Organisateurs : LA MOTO EN FETE

08 juin 2014

UNE ILE

Je ne m'en lasse pas ! UNE  ILE par Denis-Jean Clergue.    A l'heure où le projet de port de plaisance entre le Cros de Cagnes et St Laurent ressort régulièrement... un peu de rêve !
Le Cros de Cagnes.jpg

 

Ce qui manque dans notre paysage, c’est une île au milieu de la mer… une petite île avec des arbres et une anse d’accostage. Ne croyez pas que je plaisante : cette île nous manque réellement ! Dans ce grand bleu-vert qu’est la mer, je la verrais avec des vagues festonnantes sur ses bords, par un vent du sud faible et modéré, "vent Ponant", comme disent les marins.

D’ici à toucher l’île, on mettrait une demi-heure en bateau… En y arrivant, tout devrait nous sembler nouveau. Ce serait une petite île faisant le gros dos, une toute petite île couverte de pins ou d’arbousiers. Vous avez beau dire et beau faire, c’est une île qui nous manque, dans la mer, en face du Cros ! Les gens qui ont de l’imagination ont tôt fait de la distinguer et de la reconnaître… Ces gens là voient des îles heureuses partout… Dès que le mois de mai arrive avec ses pétales célestes et ses fleurs d’acacias, ils s’asseyent sur leurs balcons, dans l’angle confortable, et imaginent une île… Elle peut être ceci, elle peut être cela, ressembler à une chose rare et précieuse, passer du jardin fleuri à la "sylve" épineuse ou profonde… à travers mille traits d’enchantement. " Là", disent-ils, "est déposé le suprême bien-être"…

C’est pour cela qu’il nous faut la petite île, en face du Cros, avec ses vagues tout autour "par vent d’est" de force moyenne. Tenez, voici que je la vois, avec son vent à elle, sa lumière à elle, ses gestes d’arbres, ses ombres propres, ses chemins violets, ses oiseaux et son bestiaire terrestre… Dorades, pagels et castagnoles folâtrent tout autour. Mon Dieu ! Quel bonheur aurait chacun de la voir ! Il faut appeler à nous tous ceux qui savent voir des îles partout. N’y a-t-il pas quelque part un marchand d’îles, avec sa balance et sa robe de coquillages ? Un marchand pareil à ces marchands de ciel, de métaphores ou de paraboles, que sont les poètes !

« Avez-vous, Monsieur le marchand, quelques îles à nous montrer ? Nous choisirons ! Une île longue, une île étroite, une île ronde en forme de rose des vents, avec plage chaude et musique marine… Avez-vous cela, Monsieur le Marchand ? Combien cela coûte-t-il ? Montrez-nous votre île la moins chère et, ensuite, la plus chère, la plus plaisante… Tant pis, nous la payerons avec les boutons de nacre de nos costumes et les ancres brodées de nos casquettes… ».

Et nous lui donnerons un nom à cette "présence", un nom provençal qui amenuise les choses jusqu’à les rendre intimes et personnelles, qui les rapproche de nous avec aménité, qui nous les fait sentir journalières et fières. Venez un jour à la maison : nous parlerons ensemble de notre île imaginaire et véritable, une île juste en face dans le creux de la mer, pour y aller l’après-midi, à la petite voile, avec un "pointu" de 27 pans construit au Cros de Cagnes. Il y a tant d’îles de par le monde qui ne servent à rien, qui ne sont pas à leur place exacte (géographique ou onirique) dans la pensée que l’on s’en fait. Tandis qu’ici, en face du Cros, je le répète, une petite île ferait bien dans ce large de la mer. Elle remplirait son office et nous irait à souhait.

Comment cela pourrait-il se faire ? Par quel miracle, par quel renversement du sort ? Il suffirait peut-être seulement d’y croire. Alors, en fermant les yeux, on la verrait toute proche, avec sa collerette d’écume, tranquille et sage aux jeux brillants de la mer : une île toute simple, de moyenne grandeur et sans trésor, avec quelques sentiers de promenade… une île "rustique"… Elle serait devant nous, unique et sincère, avec "son gros dos" et ses figuiers sauvages. On pourrait, du balcon, la voir et la contempler, blonde et rose le matin, bleue turquoise le soir, avec des dizaines de barques blanches tout autour.

Une petite île qui nous conviendrait si bien et qui nous manque tellement !

Extrait de « Pays fortuné, contes et récits » de M. Denis Jean CLERGUE,
ancien conservateur des Musées de Cagnes sur mer

 

12 avril 2014

OBJECTIF ARTISTES

Il y a cinq ans, le photographe Louis-Paul FALLOT inaugurait la collection «Carte blanche et noire» des Editions Baie des Anges. En ce mois d'avril, la parution de son nouveau livre «Objectif Artistes» est l’aboutissement d'un travail photographique réalisé, durant de longs mois, dans l’intimité créative de quinze artistes de notre région. Louis-Paul Fallot, Objectif artistes, Editions Baie des Anges, photographies d'artistesA l’inverse de l’exposition, du vernissage, du spectacle, qui présente l’œuvre achevée, Louis-Paul a souhaité mettre en lumière «l’avant», les moments de la création où l’artiste cherche, doute, exprime ce qu’il a au plus profond de lui-même. «Lorsqu'il voit une œuvre ou une représentation sur scène, le spectateur voyage en elle grâce à la propre représentation qu'il s'en fait. Mais il n'imagine que rarement ces moments où alternent la plénitude, le doute, la fatigue, la joie, la solitude, les partages dans ce cheminement créatif. Mes clichés tentent de traduire en images ce parcours d'émotions 
Louis-Paul Fallot, Objectif artistes, Editions Baie des anges

Pour cela, il est allé dans les ateliers, dans les coulisses, où il s’est fait le plus discret possible, ne voulant surtout pas de «photos posées». Qu’importe les difficultés techniques de certaines prises de vues (lumière, poussière, rapidité pour figer le geste), elles lui ont donné, au contraire, le plaisir de partager des moments forts avec ces créateurs qu'il apprécie.

louis-paul fallot,objectif artistes,editions baie des anges«Carte Blanche & Noire, volume 5 - Objectif Artistes a été l’occasion de réunir sur un même ouvrage des artistes venant de milieux artistiques et créatifs différents. De notoriété nationale voire internationale ou tout simplement connus localement, jeunes pousses ou talents confirmés, tous sont ici pour la qualité de leur travail et leur place dans le milieu artistique du sud.(…) Objectif Artistes est un livre de partis pris, de choix assumés, de rencontres, de plaisir mais aussi et surtout une volonté de "montrer l’avant"».  

Que ce soit en plan large ou rapproché, nul doute que Louis-Paul a su saisir, avec talent et sensibilité, le détail, l’instant, l’esthétisme ou l’originalité, afin que chaque cliché en noir et blanc fasse passer l’émotion, sans montage ni trucage, créant ainsi le lien évident entre l’artiste, l’œuvre et le public.

Merci à Louis-Paul pour ses photos qui illustrent cette note.  A  lire aussi l'article Nice Matin NM 11.4.2014 OBJECTIF ARTISTES - LOUIS PAUL FALLOT.pdf

Artistes à retrouver dans le livre : Virginie Broquet, illustratrice ; Marc Duret, acteur ; Lora Fallot, designer ; Daniel Fillot, artiste ; Jean-Marie Fondacaro, sculpteur ; Kiki Giuliana, céramiste ; Julien Guérin, danseur ; Harriet Macaree, peintre ; Jacqueline Matteoda, plasticienne ; Patrick Moya, artiste ; Nivèse, artiste ; Noëlle Perna, comédienne ; Roxane Petitier, photographe ; Christian Sinicopri, chef cuisinier ; Jérémy Taburchi, artiste ; et bien sûr Louis-Paul Fallot.

Contact Editions BAIE DES ANGES baiedanges@wanadoo.fr  http://www.baiedesanges-editions.com/

Contact Louis-Paul FALLOT  06 61 48 76 79 http://www.louispaulfallot.fr/

01 février 2014

JACQUELINE MATTEODA A LA MDAC

Jacqueline MATTEODA prend possession de l'espace dans la Maison Des Artistes de Cagnes jusqu'au 8 mars 2014. C'est l'occasion d'installer, non seulement dans les salles, mais aussi dans les coins et recoins de ce site dédié à l'art contemporain depuis plus de 50 ans, ses créations originales, fruits de son imagination sans cesse en éveil.

jacqueline matteoda, mdac

Ainsi dans les escaliers de la mezzanine, une armée de souris part à l'attaque d'un piège.... Jacquie se bat souvent contre son ordinateur. 

jacqueline matteoda, mdac

Dans la salle du deuxième étage, drôle de sensation entre un mur de carrés de journaux tricotés et le bruit lancinant du papier plié, froissé, tiré.... Une installation de 364 dalles tricotées avec les Nice Matin des 364 parutions de l'année, un empilage de vies, de naissances, de décès, d'accidents, de nouvelles plus souvent mauvaises que bonnes... Pendant des mois, avec ses mains pour seules aiguilles, Jacquie a tricoté ce papier-journal, symbole de l'agressivité de notre vie de tous les jours et du temps qui passe... sous l'oeil du photographe Louis-Paul Fallot.

jacqueline matteoda, mdac

Au 1er étage, j'y ai retrouvé avec plaisir le souvenir de l'installation "En avril, ne te découvre pas d'un fil" (relire ICI).

Jacqueline Matteoda

Dans cette note, je ne mettrai pas les photos de toutes les oeuvres exposées sur les 3 niveaux de la MDAC, les chaussettes, le manteau, les bois, le mur d'aiguilles, les fers rouillés, etc.... Je voudrais juste vous donner l'envie d'aller voir et de la rencontrer. Prenez le temps d'une visite où elle vous guidera parmi ses "bêtises", comme elle les appelle. Derrière chacune d'elles se cache une histoire pleine d'humour et de sensibilité. 

Exposition ouverte du mercredi au dimanche, en semaine de 14h à 17h, le week end de 10h à 12h et de 14h à 17h. MDAC place du château, Haut de Cagnes, 06800 Cagnes sur mer. Contact Jacqueline Matteoda 06 63 53 65 77.

27 janvier 2014

STREET ART

Dimanche dernier, une balade sur les hauteurs de Nice m'a permis, exceptionnellement, de photographier des graffs sur un site non ouvert au public.

graffs, Mont Boron

L'occasion de voir la différence d'appréciation entre ceux qui n'y voient que des dégradations et d'autres qui s'interrogent sur la signification de ces "oeuvres".

graffs, Mont Boron

Malgré toutes les explications possibles sur "tag" et "graff", dans notre petit groupe, peu nombreux étaient ceux qui remarquaient les dessins. A la sortie, un jeune garçon de 12 ans m'a même dit n'y avoir lu que quelques mots, voire même des insultes !

graffs, Mont Boron

J'étais très étonnée de sa réaction... Il n'avait rien remarqué de ce portrait de jeune fille style manga... ni même ce Babar qui vous saute aux yeux !

graffs, Mont Boron

J'ai eu beau lui parler de la difficulté de manier les caps, de maitriser le jet, de ceux qui manipulent les bombes comme des pinceaux à la différence de ceux qui font du pochoir... Seul l'escalier qui s'enfonçait dans les entrailles de la terre sous le lieu où nous nous trouvions a retenu son attention.

graffs, Mont Boron

Le site à l'abandon est, en effet, en grande partie enterré. Des enfilades de couloirs, des salles vides, une ambiance particulière...

graffs, Mont Boron

D'après l'une des personnes qui nous accompagnait, la propriété a été rachetée à une administration par un Russe qui aurait le projet d'en faire un musée... Pourquoi pas, il y a déjà là quelques "street art" remarquables...

23:22 Écrit par Ventura's blog dans Balades, Coups de Coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : street art, nice, mont boron |  Facebook | |  Imprimer |

26 décembre 2013

FOLON

Pour finir l'année, quelques notes de finesse dans un monde de brutes... Souvenirs de sculptures dans le jardin de la galerie Pieters, l'été dernier, et un poète qui avait plusieurs cordes à son arc artistique... Une pensée aussi pour ceux qui sont partis cette année... artistes ou amis !

Comme dans les dessins de FolonFolon, comme dans les dessins de Folon
Ceux qu’on aimait quittent la Terre
Le corps lourd et l’âme légère
Un peu plus graves à l’horizon

Dans leur pardessus de béton
Ceux qu’on aimait nagent en silence
Dans le temps sage de l’absence
Comme dans les dessins de Folon

On pourrait presque les toucher
De l’autre côté du papier
Fantômes gris des jours de peine
En long cortège de semaines

A rêver loin dans leur lumière
On pourrait presque enfin se taire

Comme dans les dessins de Folon
Il y a du rose et du vert pâle
Et des souvenirs bleu d’opale
Dans un champ vide de coton

Comme des bulles de savon
Prisonniers de la transparence
Ceux qu’on aimait doucement dansent
Comme dans les dessins de Folon

On pourrait presque s’envoler
Dans la lenteur de leur passé
Frôler d’un long battement d’ailes
L’exil sans fin qui les appelleFolon, comme dans les dessins de Folon

A rêver loin dans leur mystère
On pourrait presque enfin se perdre

Comme dans les dessins de Folon
Ceux qu’on aimait nagent à l’envers
Oiseaux de l’eau, poissons de l’air
Perdent le fil de nos saisons

Dans la brume de leur prison
Ceux qu’on aimait toujours s’effacent
Derrière les voiles de l’espace
Comme dans les dessins de Folon

Un jour on voudra leur parler
De l’autre côté du papier
On rêvera d’aubes plus pâles
D’éternité couleur d’opale

Un jour on se laissera faire
On glissera dans leur lumière

Comme dans les dessins de Folon…


Paroles et musique Yves Duteil et dessins de Folon à voir et à écouter aussi ICI

Folon,la fontaine aux oiseaux

07 décembre 2013

IMPRESSIONS TELETHON

Il y a 10 ans, pour la première fois, je découvrais l'envers du Téléthon, celui du milieu associatif, de l'enthousiasme, de la générosité, côté organisation et animation. De 2003 à 2006, combien de mois de préparation, d'idées à trouver, de bénévoles à motiver...  que de souvenirs !    Depuis, j'ai gardé l'habitude de faire un tour, chaque année, sur un site du Téléthon, pour y participer côté public.

Téléthon 2013 Nice, graffeurs, art graffiti, graf

Ce samedi, grand beau temps sur la place Garibaldi à Nice. Première impression, de la couleur, de la musique, beaucoup de jeunes... et comme partout en France, des bricoles à vendre, des pâtisseries "fait maison", des démonstrations sportives, des initiations diverses, le but étant que le public vienne et qu'il soit généreux.

Téléthon 2013 Nice, graffeurs, art graffiti, graf

Sur le podium, l'association COSPLAY AZUR propose un spectacle oscillant entre mangas japonais et caricatures de Disney... Dynamique et rigolo ! 

Téléthon 2013 Nice, graffeurs, art graffiti, graf

Près des arcades, des graffeurs créent une toile géante.

Téléthon Nice 7.12.jpg

L'occasion de voir ceux qui sont capables de peindre à la bombe, se servant des caps comme d'un pinceau... et ceux qui jouent au pochoir...

Téléthon 2013 Nice, graffeurs, art graffiti, graf

Forte impression d'un Téléthon rajeuni... moins "association du troisième âge". Même si ces structures sont toujours pleines de bonnes volontés et de personnes qui ont du temps à donner, j'avais quand même gardé le souvenir des sempiternels stands de crêpes, pizzas, tricotages et compagnie... Aujourd'hui, le stand flashy des "Blouses Roses" était autrement plus attrayant.

Téléthon 2013 Nice, graffeurs, art graffiti, graf

Grand ou petit don, l'essentiel est de donner ! Le plus sympa de mes souvenirs Téléthon fût celui de l'année 2005. Cathy Dubourg, artiste-peintre de l'association dont je faisais partie, avait eu l'idée d'un tableau, grand format, "Coeur de roses" dont les pétales avaient été recouvertes, durant les 30 heures du Téléthon, de petits mots d'encouragement du public, à destination des enfants malades. J'espère que cette oeuvre collective est toujours accrochée aux murs de la salle d'attente du service du Dr Richelme auquel il avait été remis à l'hôpital de L'Archet.

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24 novembre 2013

IMPRESSIONS PHOTOMENTON

La photographie est sans doute l'art auquel je suis le plus sensible. Je ne me lasserai jamais de regarder des photos, quelles qu'elles soient ! Alors Photomenton était un rendez-vous incontournable ! Dernier jour du festival, à l'heure du déjeuner, un long moment pour apprécier au calme les valeurs sûres, les nouveaux, le classique ou l'original, le technique ou l'instantané...

photomenton 2013, louis-paul fallot, patrice clément, pascal livani, valentino rolla

Quelques impressions sans prétention... le thème de la danse, ou de la photo de spectacle, m'a semblé avoir été choisi par plusieurs exposants... le corps, la fluidité des postures, les courbes, toujours aussi fascinant... Sur le thème du portrait, j'ai bien aimé le photographe qui présentait un panneau entier de "visages à lunettes", amusant et pertinent... je n'ai malheureusement pas noté son nom. 

photomenton 2013, louis-paul fallot, patrice clément, pascal livani, valentino rolla

Côté technique, Claude INGARGIOLA proposait des photos en 3D ; l'image se déplace lorsqu'on passe devant... tandis qu' Alain DELANNEAU expliquait ses tirages cyanotype. J'ai remarqué aussi un photographe italien, Valentino ROLLA, dont les modèles féminins suggèrent un glamour dépassé. 

photomenton 2013, louis-paul fallot, patrice clément, pascal livani, valentino rolla

Louis-Paul FALLOT, responsable chez Editions Baie des Anges de la collection "Carte Blanche et Noire", exposait une belle série de moments saisis au vol, de délicats contrastes entre flou et précision. J'aurais bien aimé savoir quelle était la forme tourbillonnante dans une de ses photos...  Plus loin, j'ai lu avec attention la présentation de Patrice CLEMENT, un "auteur photographe", dont les formats carrés, noir et blanc, sont pleins de poésie.

photomenton 2013, louis-paul fallot, patrice clément, pascal livani, valentino rolla

Enfin, tout le monde n'était pas parti déjeuner et j'ai discuté un petit moment avec Pascal LIVANI. Ses clichés évoquent l'abstraction picturale. Avec son petit Lumix, au hasard de ses balades, il cadre à 1cm le détail infime que son oeil aigu a saisi au détour d'une rue, sur l'angle d'une porte... Surgissent ainsi des formes, des lignes, des variations de couleurs... sans aucune assistance photoshop.

photomenton 2013, louis-paul fallot, patrice clément, pascal livani, valentino rolla

Professionnels ou amateurs, seule l'émotion transmise par la photo compte. Alors si ça vous dit de participer à l'édition 2014, allez sur le site PHOTOMENTON pour vous pré-inscrire sans tarder.

Au sortir du festival, j'ai du me sentir l'âme artiste... je n'ai pas résisté à cette statue du jardin Biovés... Un petit air de Volti... peut être la chanson même.

Quelques photos ICI

23 novembre 2013

LE COEUR... OU LA TETE

Au MUSEAAV, ce vendredi soir, un "marché" africain oscillait entre arts premiers et artisanat local. D'intéressantes rencontres aussi avec des gens dont les oeuvres parlaient de leurs pays, de l'évolution des sociétés grâce, ou à cause, d'internet et  de la télévision jusque dans les villages.

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Diakité Issaka, originaire du Burkina Faso (littéralement "pays des hommes intègres")  y présente des peintures sur tissus, utilisant la technique du batik ou du bogolan. Ses motifs sont souvent des scènes traditionnelles mais traitées de façon originale. Durant plusieurs années, il a pratiqué le dessin avec un peintre français qui l'a initié à l'abstraction.... délicat mélange !

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La plasticienne Jeannette Kamer raconte l'émancipation de la Femme africaine en transformant les plaques traditionnellement offertes pour les demandes en mariages arrangés, en oeuvres d'art...  Une artiste militante qui prône l'éducation des jeunes garçons pour arriver à faire respecter les femmes. Enfin, on y retrouvait Mehomez et ses "cinquante nerfs de l'indépendance : effet papillon" avec lesquels il a participé en septembre dernier à l'exposition artistique collective dans le cadre des Jeux de la Francophonie à Nice.  "Peinture ou sculpture, le travail de Mehomez a comme socle le désir d'extraire les valeurs oubliés de sa tradition, les filtrer à l'aune de sa sensibilité, l'ambition de les emporter dans le monde contemporain..."  

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A l'extrême opposé de cette exposition qui communiquait par le coeur, la Villa Arson inaugurait, ce samedi, trois expositions simultanées dont le discours est beaucoup plus... complexe.

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"Horizontal Rack" Lionel Scoccimaro ; "Total look" Gaël Peltier

Dans un décor de gymnase, "les corps compétents" proposent de mettre en scène le thème "sportifs, artistes, burlesques". Sous l'oeil impassible du judoka Yves Klein,  une video de boxe... où une jeune femme s'épuise de coups donnés dans le vide... Une cage de but de football revue et corrigée par Wim Delvoye : ça donne un boulanger du XVIème siècle sur vitrail (superbe)... l'éloge du "corps-objet" d'Eric Madeleine, avec notamment son anus photographique à usage unique, laisse rêveur...  L'originalité de l'installation "Kit Gym" de Guillaume Bijl, (pèse-personne, tapis de bain, miroir et photos), est évidente dans sa référence à l'étrange puissance du banal...  Bref, la liste étant un peu longue, il vaut mieux y aller voir par vous-même, au calme de préférence, la foule et le bruit des soirs de vernissage n'étant pas propices à l'analyse poussée nécessaire à la compréhension de chaque oeuvre et de son texte de présentation.

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"Panem and Circenses III" Wim Delvoye ; "Moi en Fabien Barthez" Olivier Blanklart

Au sous-sol, deux artistes en résidence temporaire exposent des oeuvres conçues sur place. L'installation "A road to nowhere" d'Oliver Beer parle au public  avec toute l'aisance qu'on ne rencontre pas à l'étage au-dessus. Deux rails de chemin de fer, non parallèles, évoquent des milliers d'histoires de vies, de trajets, de bonheurs, de malheurs... Bizarrement, l'installation semble intégrée le ballon de 2m de diamètre sur lequel est projetée la video de Shingo Yoshida "trajectoire invisible".

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"Trajectoire invisible" Shingo Yoshida ; "A road to nowhere" Oliver Beer

Pourtant elles sont indépendantes. La video a été filmée grâce à un pigeon voyageur sur le poitrail duquel était fixé une mini-caméra lorsqu'il volait au-dessus de Nice... "Le pigeon voyageur revient-il par attachement à son lieu de naissance ou pour l'assurance d'un logis et d'une nourriture quotidienne ?"

That is the question !       D'autres photos de l'expo ICI.


"AFRIKOMUSEAAV", peintures, sculptures, videos et artisanat, se termine le 29 novembre 2013. Entrée libre du mardi au samedi de 15h à 19h, au Museaav 16bis place Garibaldi 06300 NICE, tél 04 93 56 21 19.

"LES CORPS COMPETENTS" ; OLIVIER BEER et SHINGO YOSHIDA ; "REPONSE : ABILITES" (exposition d'artistes géorgiens) les trois sont visibles jusqu'au 13 janvier 2014, à la Villa Arson, 20 ave Stéphane Liégeard 06100 Nice, entrée libre du mercredi au dimanche de 14h à 18h.

10 novembre 2013

QUELQUES NOTES DE C'EST PAS CLASSIQUE

"C'est pas classique" permet de faire découvrir toutes les facettes de la musique classique. Alors il a bien fallu choisir entre les 70 spectacles... Une comédie musicale façon karaoké, un récital de piano acrobatique, un concert alpestre vertigineux, l'évocation théâtrale de la vie d'une sculptrice célèbre et une belle histoire racontée simultanément à la création d'une toile...

C'est pas classique 2013

Les photos ne sont pas autorisées pendant les représentations et ça se comprend mais dans le grand hall du palais Acropolis, c'est au moins toléré. "Le piano dansé" de la Compagnie La Rumeur faisait le lien entre musique et danse. Incroyables les acrobaties que ces artistes sont capables de faire tout en continuant à jouer comme si de rien n'était, ça semble si facile... le piano devient le danseur !

 

Attention maitres chanteurs, photo fabienne rappeneau.jpg

"Attention, maîtres chanteurs !" mêle avec beaucoup d'originalité l'opéra, l'opérette, la comédie musicale et... le karaoké. Parce que le car de leurs choristes n'arrive pas, une troupe de chanteurs lyriques demande au public de sauver leur tournée en chantant tout au long du spectacle. Et l'on rit de l'histoire de la famille Dugosier de la Glotte au travers des siècles, et l'on chante avec enthousiasme tous les refrains revus et corrigés dont les textes s'affichent sur grand écran, et l'on ressort de là gonflés à bloc de ce traitement anti-morosité ! Si vous passez par Paris, allez-les voir au Théâtre des 2 ânes.

C'est pas classique 2013

Pour revenir à du "traditionnellement classique", je suis allée écouter l'orchestre philarmonique de Nice dans la salle Apollon. "La symphonie Alpestre" de Richard Strauss nous a tout d'abord été expliquée par le chef d'orchestre, Philippe Auguin, avec un enthousiasme et une poésie à ouvrir l'esprit et les oreilles des plus insensibles. Du haut des gradins du dernier étage de la salle, l'évocation des sommets alpins, des glaciers et cimes ensoleillées, était encore plus vertigineuse.

C'est pas classique 2013

Enfin, la soprano Elisabeth Vidal et le baryton André Cognet, nous ont raconté, entre textes et musiques, une belle histoire vraie. Celle du peintre chinois Chang Shulong… qui a permis de sauver les grottes de Dunhuang, lieu mythique de la civilisation chinoise sur un point stratégique de la Route de la soie.

C'est pas classique 2013

Durant leur récital, le fils de l'artiste, Chang Jiahuang, également artiste peintre, a réalisé en direct une toile devant le public. L'un des thèmes en était les très forts liens d'amitié entre son père et la France, pays où il avait réalisé ses études artistiques (à Lyon). Le tableau a été offert en fin de spectacle au musée des arts asiatiques de Nice.

Prochain rendez-vous de C'est pas classique en novembre 2014.

02 novembre 2013

L'HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES

La Cie ARKETAL a créé un spectacle de marionnettes adapté de la nouvelle de Jean GIONO "L'homme qui plantait des arbres", lire ICI et suivre les prochaines dates de représentations sur leur site.

L’homme qui plantait des arbres par Jean Giono

Giono, l'homme qui plantait des arbres.jpg

 

A l’heure où la planète entière ne jure plus que par l’écologie, le recyclage, le bio, je voudrais vous rappeler cette Nouvelle que Jean Giono écrivit en 1953. Ce petit livre tout simple a été la lecture préférée de mon fils à 9 ans. Je ne peux que vous en donnez de petits extraits car, contrairement au souhait de son auteur (voir copie de sa lettre plus bas) ses ayant-droits ont fait interdire toute reproduction complète du texte original sur le web. Si vous ne connaissiez pas cette nouvelle, qui a également donné un film, Oscar 1987 du meilleur film d’animation, n’hésitez pas à la découvrir au plus tôt, en librairie ou en bibliothèque. Un seul regret pour la planète, si on s’y était mis plus tôt…

 

« Il y a environ une quarantaine d’années, je faisais une longue course à pied, sur les hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence……. Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a d’impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n’y avait rien auparavant .

C’est à ce moment-là que je me souciai de l’age de cet homme. Il avait visiblement plus de cinquante ans. Cinquante-cinq, me dit-il. Il s’appelait Elzéard Bouffier. Il avait possédé une ferme dans les plaines. Il y avait réalisé sa vie. Il avait perdu son fils unique, puis sa femme. Il s’était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à vivre lentement, avec ses brebis et son chien. Il avait jugé que ce pays mourait par manque d’arbres. Il ajouta que, n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses…………….

Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d'âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

 

DVD Un film de Frédéric BACK (Canada – 1987) Oscar 1987 du meilleur film d’animation

http://www.heeza.fr/description.php?path=30&id=679

http://www.livres-online.com/L-homme-qui-plantait-des-arbres.html

 

 

Lettre de Jean Giono à M. Valdeyron, Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, en 1957, au sujet de cette nouvelle

 

Cher Monsieur,


Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j'en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire. Le texte que vous avez lu dans Trees and Life a été traduit en Danois, Finlandais, Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand, Russe, Tchécoslovaque, Hongrois, Espagnol, Italien, Yddisch, Polonais. J'ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions. Un américain est venu me voir dernièrement pour me demander l'autorisation de faire tirer ce texte à 100 000 exemplaires pour les répandre gratuitement en Amérique (ce que j'ai bien entendu accepté). L'Université de Zagreb en fait une traduction en yougoslave. C'est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c'est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.

J'aimerais vous rencontrer, s'il vous est possible, pour parler précisément de l'utilisation pratique de ce texte. Je crois qu'il est temps qu'on fasse une « politique de l'arbre » bien que le mot politique semble bien mal adapté.

Très cordialement Jean Giono


(Source: http://home.infomaniak.ch/arboretum/pla.htm)