30 juillet 2013

A PROPOS DU JAUNE

 

C'est pour le plaisir que je recopie cet extrait d'un livre de Paul Gauguin. Vincent Van Vogh a été le premier peintre dont j'ai lu la biographie lorsque j'ai commencé à m'intéresser à l'Art. Depuis ses "lettres à Theo" sont mon livre de chevet. Combien de ceux qui se disent "artiste" devraient les relire de temps en temps... pour garder, comme lui, lucidité et humilité devant son propre travail !

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"Terrasse du café, le soir, place du forum, Arles" 1988

Extrait de  Oviri, Ecrits d'un sauvage, Paul Gauguin. Editions Gallimard, 1998.

En janvier 1903, Paul Gauguin se remémore son séjour en Arles en compagnie de Van Gogh. Des neuf semaines qu'ils ont passées ensemble, et qui se sont achevées dans la douleur pour les deux peintres, Gauguin conserve un souvenir ému et attendri...

(...) Ce fut à Arles que j'allai retrouver Vincent Van Gogh, après des sollicitations nombreuses de sa part. Il voulait, disait-il, fonder l'Atelier du Midi, dont je serais le chef. Ce pauvre Hollandais était tout ardent, tout enthousiaste. Or la lecture de Tartarin de Tarascon lui avait fait croire à un Midi extraordinaire, à exprimer en jets de flamme. 

Et sur sa toile les chromes surgissaient, inondant de soleil les mas, toute la plaine de la Camargue.
(...) Dans ma chambre jaune, des fleurs de soleil, aux yeux pourpres, se détachent sur un fond jaune; elles se baignent le pied dans un pot jaune, sur une table jaune. Dans un coin du tableau, la signature du peintre : Vincent.

Et le soleil jaune, qui passe à travers les rideaux jaunes de ma chambre, inonde d'or toute cette floraison, et le matin, de mon lit, quand je me réveille, je m'imagine que tout cela sent très bon.

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"la chambre - Arles" 1888

Oh ! Oui, il l'a aimé le jaune, ce bon Vincent, ce peintre de Hollande, lueurs de soleil qui réchauffaient son âme, en horreur du brouillard. Un besoin de chaleur.

 Quand nous étions tous deux, à Arles, fous tous deux, en guerre continuelle pour les belles couleurs, moi, j'adorais le rouge ; où trouver un vermillon parfait ? Lui, traçait de son pinceau le plus jaune, sur le mur, violet soudain :

 Je suis sain d'Esprit,
Je suis Saint-Esprit.

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"Champ de blé aux corbeaux" Juillet 1890

Dans ma chambre jaune, une petite nature morte ; violette, celle-là. Deux souliers énormes, usés, déformés. Les souliers de Vincent. Ceux qu'il prit, un beau matin, neufs alors, pour faire son voyage à pied, de Hollande en Belgique. Le jeune prêtre (il venait de terminer ses études théologiques pour être comme son père, pasteur) le jeune prêtre s'en allait voir, dans les mines, ceux qu'il appelait ses frères. Tels ils les avait vus dans la Bible, opprimés, simples travailleurs, pour le luxe des grands.

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"Une paire de souliers" 1885

Contrairement aux enseignements de ses professeurs, sages Hollandais, Vincent avait cru à un Jésus aimant les pauvres, et son âme, toute pénétrée de charité, voulait, et la parole consolante, et le sacrifice : pour les faibles, combattre les grands.

Décidément, décidément, Vincent déjà était fou.

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sur Vincent Van Gogh, cliquez ICI
L'année dernière, je suis "tombée" aussi sur un passionné de Van Gogh : à relire ICI

23 avril 2013

LE REPENTIR ETAIT VRAI par Michel Gaudet

Merci à M. Michel Gaudet, artiste peintre et critique d'Art,
pour cette histoire authentique.

 

L'Escarene le pont.jpg

"Dans les années 20, mon père, artiste peintre, et son ami Madrigali, décidèrent, un jour, d’aller peindre sur les quais du port de Nice. Jeunes artistes, désargentés, ils escomptaient une création fructueuse. Le port était coloré, les bateaux vifs, et des tableaux, pleins de soleil, devaient être réalisés. Ils se mirent au travail.

L’installation des deux artistes, avec leurs grands chapeaux, leurs palettes et leurs chevalets, ne pouvait qu’attirer les curieux. Ils s’amassèrent rapidement autour d’eux et, comme il est d’usage, mille réflexions fusaient dans une ambiance cordiale… Or, parmi eux, un gros niçois observait sans mot dire…

Au bout de quelques jours, il se présenta : « Je suis Tonin, le patron du restaurant derrière vous. Vous faîtes de jolis ‘’cadres’’ (tableaux en niçois). Si vous m’en faites un, je vous nourris pendant une semaine. ». On imagine l’aubaine, mon père et son copain travaillèrent d’arrache-pied et les tableaux s’accumulèrent…

A la fin de la semaine, Tonin intervint : « je vous ai bien nourris, je vous ai fait bonne mesure, il me faut un beau ‘’cadre’’… » « Qu’à cela ne tienne, choisissez ! » dirent les deux peintres. « Non ! moi je suis de L’Escarène, et si vous me faites un ‘’cadre’’ de L’Escarène, vous me faites plaisir ! ».  La difficulté en 1920 était de se rendre à L’Escarène, ni tram, ni bus, ni voiture particulière…

« Bah ! On n’a qu’à trouver une carte postale, le patron n’y connaît rien et n’y verra pas malice. ». Continuant sur la lancée, ils prirent une vieille toile, la recouvrirent de blanc, puis, l’un aidant l’autre, ils façonnèrent tant bien que mal une vue de L’Escarène. Malheureusement, comme cela arrive quand on travaille sur de vieilles toiles, un ‘’repentir’’ fut visible, malgré tous leurs efforts. Un ‘’repentir’’ est une vieille croûte, une crevasse, une boursouflure, trace de la première exécution, qui demeure malgré toutes les tentatives de suppression. L’Escarène était reconnaissable mais le ‘’repentir’’ triomphait, insolemment, au milieu de la composition.

Penauds et intimidés, risquant quand même l’aventure, les deux jeunes présentèrent l’œuvre, alors que le café-restaurant était plein de consommateurs. L’instant fut aussi angoissant que solennel. Dans le silence de ses clients, le patron installa le tableau sur une chaise et le contempla longuement. L’attente devint insupportable.

« Mariette » appela-t-il soudain, « Mariette, viens un peu voir… » Et quand son épouse fut arrivée… « Regarde ces chenapans ! Ils ne m’ont pas dit qu’ils connaissaient bien L’Escarène ! Même ce chemin de mon enfance qui n’existe plus, ils me l’ont marqué sur le cadre ! ». Et manifestant son enthousiasme avec une générosité bien méridionale, il leur offrit encore une semaine de repas pour continuer à peindre sur les quais du port... " 

07 mars 2013

A TOUTES LES FEMMES

chapeau violet.jpgJournée de la Femme : 8 MARS

 
Il est temps de sortir son petit chapeau violet...
 
...
 

La beauté d’une femme

La femme regarde dans son miroir :

A 3 ans, elle se regarde et voit une reine.

A 8 ans, elle se regarde et voit Cendrillon ou la Belle au Bois Dormant.

A 15 ans, elle se regarde et voit Cendrillon, La Belle au Bois Dormant, une actrice de cinéma , ou si elle est dans ses mauvais jours, se voit grosse, laide, pleine de bouton et dit : Maman, je ne peux pas aller à l’école comme ça !

A 20 ans, elle se regarde et se voit trop grosse-trop mince, trop petite-trop grande, les cheveux trop raides-trop frisés, mais décide qu’elle ira quand même.

A 30 ans, elle se regarde et se voit trop grosse-trop mince, trop petite-trop grande, les cheveux trop raides-trop frisés, mais elle n‘a pas le temps de les arranger et elle ira quand même.

A 40 ans, elle se regarde et se voit trop grosse-trop mince, trop petite-trop grande, les cheveux trop raides-trop frisés, mais se dit qu’au moins elle est propre et y va quand même.

A 50 ans, elle se regarde et se dit : C’est moi. Elle sourit et va où bon lui semble.

A 60 ans, elle se regarde, se rappelle que bien des gens ne peuvent même plus se voir dans le miroir. Elle sourit, sort et va conquérir le monde.

A 70 ans, elle se regarde et voit l’expérience, l’habileté. Elle sourit et sort profiter de la vie.

A 80 ans, elle ne se regarde même plus dans le miroir. Elle met son petit chapeau violet et sort juste pour le plaisir de voir le monde.

Nous devrions toutes prendre notre petit chapeau violet un peu plus tôt.

La beauté d’une femme n’est ni dans ses vêtements, ni dans le joli minois qu’elle affiche, ni dans la façon dont elle se coiffe.

La beauté d’une femme doit être vue dans ses yeux, parce qu’ils sont les portes de son cœur, là où l’amour réside.

La beauté d’une femme n’est pas dans un grain de beauté bien placé sur le haut d’une lèvre.

La vraie beauté d’une femme est réfléchie par son âme, par l’amour qu’elle donne, par la passion qu’elle démontre et les années qui passent l’embellissent.

22:37 Écrit par Ventura's blog dans Blog, Un peu d'histoires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, chapeau violet, vie de femme |  Facebook | |  Imprimer |

02 février 2013

LE PARC DES PRINCES - NICOLAS DE STAEL

Petite histoire piochée sur le WEB... où l’inspiration d'un artiste peut aller se cacher…

Parc des princes Nicolas de Stael.jpg

 

Au tournant de 1950, le peintre Nicolas de Staël est enfin connu et reconnu. Plusieurs expositions lui ont permis d’accéder à une certaine notoriété dans le milieu artistique. Très vite, celui que l’on surnomme « le Prince » s’impose comme l’un des chefs de file du mouvement abstrait. Mais déjà, le peintre aspire à autre chose…

Le soir du 26 mars 1952, l'artiste assiste, avec sa femme Françoise, à un match de football, au Parc des Princes. Opposant la France à la Suède, celui-ci est particulièrement haletant. A la fin de la première mi-temps, le score est toujours vierge. Il faut attendre la fin du match pour que les Suédois trouvent enfin la voie des filets tricolores. Pour Staël, cela n'a aucune importance. L'enjeu sportif ne retient pas son attention. Comment cela pourrait-il se faire ? 

Depuis longtemps, son regard s'égare, fasciné qu'il est par les vingt-deux footballeurs et les trente-cinq mille supporters présents ce soir-là dans le froid. Il est captivé par l'esthétique qui se dégage de cette foule en mouvement, ses couleurs, ses formes. Au poète René Char, il écrit quelques jours plus tard : " Entre ciel et terre, sur l'herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance. Quelle joie ! René, quelle joie ! " Pour lui, c'est une véritable révélation !

A la fin de la rencontre, Nicolas de Staël, de retour dans son atelier, se met au travail. Il peint, toute la nuit, sans s'arrêter. Au petit matin, il a devant lui l'ébauche de sa première série de Footballeurs. Les jours qui suivent voient la création de près de vingt-cinq tableaux, toujours sur le même sujet, dont un gigantesque de près de sept mètres carrés : Le Parc des Princes.

Exposé un mois plus tard au Salon de mai, celui-ci fait scandale. Non pas en raison de la trivialité de son sujet, mais parce que cette toile est perçue comme un véritable manifeste contre l'abstraction. Nicolas de Staël a atteint son but : il est revenu au figuratif avec éclat ! 

08 juillet 2012

UNE ILE

Je ne m'en lasse pas ! UNE  ILE par Denis-Jean Clergue.    A l'heure où le projet de port de plaisance entre le Cros de Cagnes et St Laurent fait polémique... un peu de rêve !
Le Cros de Cagnes.jpg

 

Ce qui manque dans notre paysage, c’est une île au milieu de la mer… une petite île avec des arbres et une anse d’accostage. Ne croyez pas que je plaisante : cette île nous manque réellement ! Dans ce grand bleu-vert qu’est la mer, je la verrais avec des vagues festonnantes sur ses bords, par un vent du sud faible et modéré, "vent Ponant", comme disent les marins.

D’ici à toucher l’île, on mettrait une demi-heure en bateau… En y arrivant, tout devrait nous sembler nouveau. Ce serait une petite île faisant le gros dos, une toute petite île couverte de pins ou d’arbousiers. Vous avez beau dire et beau faire, c’est une île qui nous manque, dans la mer, en face du Cros ! Les gens qui ont de l’imagination ont tôt fait de la distinguer et de la reconnaître… Ces gens là voient des îles heureuses partout… Dès que le mois de mai arrive avec ses pétales célestes et ses fleurs d’acacias, ils s’asseyent sur leurs balcons, dans l’angle confortable, et imaginent une île… Elle peut être ceci, elle peut être cela, ressembler à une chose rare et précieuse, passer du jardin fleuri à la "sylve" épineuse ou profonde… à travers mille traits d’enchantement. " Là", disent-ils, "est déposé le suprême bien-être"…

C’est pour cela qu’il nous faut la petite île, en face du Cros, avec ses vagues tout autour "par vent d’est" de force moyenne. Tenez, voici que je la vois, avec son vent à elle, sa lumière à elle, ses gestes d’arbres, ses ombres propres, ses chemins violets, ses oiseaux et son bestiaire terrestre… Dorades, pagels et castagnoles folâtrent tout autour. Mon Dieu ! Quel bonheur aurait chacun de la voir ! Il faut appeler à nous tous ceux qui savent voir des îles partout. N’y a-t-il pas quelque part un marchand d’îles, avec sa balance et sa robe de coquillages ? Un marchand pareil à ces marchands de ciel, de métaphores ou de paraboles, que sont les poètes !

« Avez-vous, Monsieur le marchand, quelques îles à nous montrer ? Nous choisirons ! Une île longue, une île étroite, une île ronde en forme de rose des vents, avec plage chaude et musique marine… Avez-vous cela, Monsieur le Marchand ? Combien cela coûte-t-il ? Montrez-nous votre île la moins chère et, ensuite, la plus chère, la plus plaisante… Tant pis, nous la payerons avec les boutons de nacre de nos costumes et les ancres brodées de nos casquettes… ».

Et nous lui donnerons un nom à cette "présence", un nom provençal qui amenuise les choses jusqu’à les rendre intimes et personnelles, qui les rapproche de nous avec aménité, qui nous les fait sentir journalières et fières. Venez un jour à la maison : nous parlerons ensemble de notre île imaginaire et véritable, une île juste en face dans le creux de la mer, pour y aller l’après-midi, à la petite voile, avec un "pointu" de 27 pans construit au Cros de Cagnes. Il y a tant d’îles de par le monde qui ne servent à rien, qui ne sont pas à leur place exacte (géographique ou onirique) dans la pensée que l’on s’en fait. Tandis qu’ici, en face du Cros, je le répète, une petite île ferait bien dans ce large de la mer. Elle remplirait son office et nous irait à souhait.

Comment cela pourrait-il se faire ? Par quel miracle, par quel renversement du sort ? Il suffirait peut-être seulement d’y croire. Alors, en fermant les yeux, on la verrait toute proche, avec sa collerette d’écume, tranquille et sage aux jeux brillants de la mer : une île toute simple, de moyenne grandeur et sans trésor, avec quelques sentiers de promenade… une île "rustique"… Elle serait devant nous, unique et sincère, avec "son gros dos" et ses figuiers sauvages. On pourrait, du balcon, la voir et la contempler, blonde et rose le matin, bleue turquoise le soir, avec des dizaines de barques blanches tout autour.

Une petite île qui nous conviendrait si bien et qui nous manque tellement !

Extrait de « Pays fortuné, contes et récits » de M. Denis Jean CLERGUE,
ancien conservateur des Musées de Cagnes sur mer

 

20 mai 2012

LE FIL DE L'ARAIGNEE

Au  printemps 2011, Jean Obry m´envoyait, pour ce blog, ses souvenirs de la première bataille de fleurs à Cagnes sur mer en 1947. Dans la présente note, c´est de sa découverte du Col de Vence dans les années 50 et d´une petite habitante vivant à cet endroit, puis de ses impressions sur le site de St Barnabé, qu´il a choisi de nous parler.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Plateau St Barnabé - Col de Vence - Photo Jean Obry

C´est à la faveur d´un rangement dans ma photothèque que j'ai retrouvé quelques photos Ektachromes qui ne datent pas d'hier, ni d'avant hier mais d'une époque où il était encore possible de voir des endroits d'une grande beauté, sauvages et aux multiples facettes. Dés lors que les beaux jours sont là, je puis vous inviter à une belle excursion. Ainsi, à très peu de kilomètres des rivages et de notre belle promenade du bord de Mer, Cros de Cagnes nous laisserons, pour quelques heures, le tumulte de la cité, pour nous enfoncer dans un silence propice à la méditation. Si donc vous montez au col de Vence, car je vous y invite à présent, vous aurez le plaisir de contempler un majestueux panorama de notre côte, hélas qui, peu à peu, perd son charme naturel, rongée par une urbanisation envahissante.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Col de Vence - photo Jean Obry

L´endroit où je vous emmène est peut-être encore mal connu, ainsi que le large plateau de Saint Barnabé qui s´y trouve. On y accède depuis Vence, par une route étroite qui oblige à la prudence. Je connais bien cet endroit, connu aussi par des entomologistes intéressés par une bestiole qui y réside. N´ayez pas peur car c´est d´une araignée dont il est question. Beaucoup n´aiment pas les araignées, peut-être cela tient à des légendes... Elles sont secrètes, savent bien se cacher et nous surprendre quand nous faisons du rangement dans la maison, que sais-je ? Pourtant nombreuses sont les recherches et observations faites sur la famille des arachnides qui pourraient  démystifier, changer les préjugés, une fois pour toute.

Sur cette araignée-la, l´incontournable Jean Henri FABRE, ce grand entomologiste provençal, vous peut fournir le fruit de ses observations. Elles vous empêcheront, je l´espère, de vous figer de terreur, vous souvenant uniquement du film américain de Jacques Arnold, de 1955, “Tarentula”. Mais nous sommes dans une autre dimension, c´est de la Lycose de Narbonne dont nous parlerons. Elle est vraie notre araignée, elle n´a pas tournée dans ce film !

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Lycose porteuse, photo Sylvain Lefebvre ©www.exode-tropical.comMA. Bertin & S. Lefebvre

Elle vit heureuse et patiente, sous terre, dans une sorte de puits bien douillet car elle a garni les parois avec ses fils, qui lui serviront pour sortir plus vite. D'ailleurs, elle ne tisse pas de toile comme le font ses congénères. Alors, avec un peu de patience et de chance, en découvrant son habitat (si elle n´en a préservé l´entrée par un petit couvercle se confondant avec l'environnement), on pourra la voir sortir, portant sur le dos une quantité de petites araignées pour qu´elles puissent prendre des forces grâce à l´énergie solaire. Ce sera leur seule nourriture.

S'il arrive à Maman Lycose de rencontrer une concurrente, couverte également de sa progéniture, s'ensuit un combat féroce, à l'issue fatale pour l'une d´elles, une gagnante, et une perdante qui y laissera la vie et dont les petites araignées seront prises en charge par la victorieuse (sans doute dans un souci de sauvegarder l´espèce), en les portant aussi sur son dos, en surplus des siennes.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Lycose en chasse, photo André Schont.

Puis, un jour, cette «mère Lycose»  sortira de son antre. Ses petites araignées grimperont sur des branchettes, (Fabre mentionne des roseaux). Elles monteront aussi haut que possible, resteront suspendues à un fil pratiquement invisible à nos yeux, se laissant  balancer au gré des vents. La chaleur aidant, elles s´élèveront alors dans le ciel avec leurs petits filins, puis elles termineront l´ascension pour redescendre sur terre en s´éparpillant, c´est que l´on appelle l'essaimage. Je n´ai pas eu la chance de voir cette phase. Je me suis aussi laissé dire qu´une toile aurait été confectionnée par mère Lycose, sur laquelle sa progéniture se poserait, et que la chaleur du sol procéderait à l'élévation de cette sorte de Montgolfière... pourquoi pas !? Je conseille à ceux qui voudraient en apprendre plus de lire le recueil de Fabre, d´autres auteurs ont aussi pu écrire leurs observations, non moins intéressantes.

Ce n´est pas que vous rencontrerez partout la Lycose, rassurez-vous ! Malgré son éparpillement, je ne pense pas à une grande étendue de son territoire car nous ne l´avons rencontrée que sur un seul endroit et sur une assez petite surface. D'ailleurs, après tant d´années, il me serait difficile de retrouver son royaume, et même si je m´en souvenais, je me garderai bien de vous le dire, par précaution, pour préserver cette espèce, mais aussi pour vous éviter d´être accidentellement mordu par cette araignée.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Plateau St Barnabé, Col de Vence - Photo Jean Obry

Pourtant pas agressive, sa morsure (et non sa piqûre, car elle ne pique pas), transmet le venin avec deux petits crochets " chélicéres " sur le devant, et peut tuer une souris. Nous ne sommes heureusement pas des souris... mais, très douloureuse, cette morsure donnera une forte fièvre, des risques d'allergie comme pour les guêpes ou les abeilles, d'autant que ces araignées sont capables de sauter jusqu`à 50 cm !

Dans le temps, les anciens faisaient danser les malades pour éliminer le venin par sudation. Cette danse ainsi pratiquée s'appelait "Tarentelle ", du nom de la ville du sud de l'Italie, Tarente, où vit également notre Lycose qui porte aussi le nom de « Tarentule » ou celui d' « araignée-loup » selon certains auteurs qui ont écrit sur elle, et ce pour des raisons que j'ignore... Mais, n´allons pas trop loin pour ne pas nous disperser au risque de perdre " le fil d´araignée " !

 Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Photo d'illustration

Il ne faut pas avoir peur des araignées, il faut les respecter comme  d´autres insectes. Tous ont un rôle utile. Nous connaissons celui des abeilles qui, pour donner le bon miel, récoltent les pollens qu´elles transportent d´une fleur mâle à une fleur femelle, sans elles pas de miel, pas de fruits non plus. 

Ainsi on a pu apprendre, par des chercheurs biologistes de  l´université d´état de New York, que le venin non dangereux d´une Tarentule du Chili pourrait apporter une solution dans certaines maladies du cœur, en tempérer le rythme. il semble, d´après ces biologiques, que la science pourrait, grâce à cette observation, produire le peptide (protéine du nom de GsMtx-4) par culture en laboratoire et non pas en utilisant la tarentule pour nous inoculer son venin par morsure. J´aime mieux la main avisée d´une charmante infirmière pour le faire.

Ma première épouse avait une attention particulière pour cette araignée. Nous avons ensemble observé son comportement, non pas  en captivité comme certains le font pour peut-être épater la galerie, mais dans son milieu naturel du col de Vence, toujours dans le respect des espèces qui partagent notre Terre et ont droit à la vie. En effet, il se pourrait bien que certains aspects naturels du monde animal et végétal, encore dans le flou de nos connaissances, apportent des solutions à des problèmes que nous n´avons pas encore résolus à ce jour. Comme pour le plancton qui nous livre à présent ses secrets, pour les médicaments, la nourriture et peut être, dans un avenir que je souhaite proche, du carburant écologique. Tout cela pour attirer votre attention, regardez bien où vous marchez, où vous vous allongez ou vous asseyez. Ne tuez nos Lycoses car vous ne pourrez jamais leur redonner vie.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Plateau St Barnabé, Col de Vence - Photo Jean Obry

 

Du Col de Vence, rendons-nous sur le plateau de St Barnabé. Ce lieu a fait l´objet d´une note sur Donneravoir... Il est connu sous le nom de "village  nègre". Pourquoi ? Je n´ai qu´une explication, cela n´a rien à voir avec ce que nous pourrions penser. Il doit être question de la teinte des pierres assez sombres. Des population locales originaires d´Italie ont du utiliser le nom de néro qui signifie noir, comme les espagnols ont le nom negro. Nous ne sommes donc pas très loin pour fournir une explication valable, le noir n´étant pas une couleur, mais une absence de couleurs, alors que le blanc est lui le résultat de toutes les couleurs du spectre solaire, ainsi qu´a pu le démontrer Michel Chevreul, chimiste, théoricien de la couleur avec le cercle chromatique qui porte son nom.

 

Toutes les constructions sur le site de St Barnabé sont faites avec les pierres trouvées sur place, que ce soient les enclos pour protéger le bétail, que les bories pour les bergers depuis les Gaulois. Celles que nous avons l´avantage de pouvoir regarder seraient-elles encore de cette époque ? N´ayant pas fait de recherches, je me contente de m´en remettre à une hypothèse qu´évoquait alors un de nos amis, René Rousseau, rédacteur journaliste au Figaro Littéraire, écrivain et conférencier ; se pourrait-il qu´íl en sut un peu plus ?

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
Enclos et Borie St Barnabé. Col de Vence - Photo Jean Obry

C´est lui qui nous fit connaître ce village nègre de Saint Barnabé en 1960 ou 1961. Vous y serez surpris par la disposition des pierres environnantes, dont certaines donnent à penser à des primats, d´autres à la statut du Commandeur, pour peu que vous donniez libre court à votre imaginaire, rêveries, magiques, après tout, nous ne sommes pas si loin de la vallée des merveilles. Oserais-je me risquer de dire que le plateau de Saint Barnabé, par sa diversité, par ses couleurs changeantes, par son ciel qui semble parfois se pencher sur nous avec humilité pour nous parler, pourrait s´appeler "plateau  des merveilles" et d´y trouver dessus les reflets et les formes d´autres mondes encore inconnus. 
 
Le grand Maître Salvador Dali a dû certainement y venir avant nous, pour y puiser la sève de ses inspirations ? J´ai fait connaître plus tard St Barnabé à d´autres, à des amis peintres qui s´en seraient inspiré, moi pas encore en 2012, craignant sans doute de ne pas pouvoir m´exprimer, ces pierres ont un langage, je ne me donne pas le droit de le traduire, craignant de le trahir.  Le col de Vence que j´ai découvert  en 1952, c´est autre chose, ses aspérités brutales, la sauvagerie de ses roches m´ont alors inspiré, je pouvais me permettre de les déplacer sur une toile, elles ne ressemblent qu´à des pierres, elles n´évoquent  rien, elles n´ont pas le droit de parler de ce qu´elles voient ou entendent, car elles ont la mission de protéger les pierres de St Barnabé qui s´expriment et ressemblent à quelque chose. J´ai donc fixé ce rempart naturel, qui cache et préserve aussi notre lycose qui s´y abrite. Mon  tableau fut exposé en 1954 au Château-musée de Cagnes avec notre groupe des artistes de Cagnes (ce fut d'ailleurs la dernière exposition groupée des artistes peintres de Cagnes dans ce merveilleux château).

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
"Col de Vence" huile sur toile 1952 - Jean Obry

J´espère que vous pourrez trouver une entrée pour vous rendre à ce village nègre, car il y a maintenant des barricades partout... Qu´y a t-il donc de si important à enfermer ? Ce ne sont que des pierres. Il n´y a aucune culture là-haut, il n´y a que des émotions à ressentir. S'il vous plait, ne réveillez pas mon chien Tristan que j´ai pu enterrer là il y a très longtemps. Ne jetez rien à terre, ne faites pas de feu, ne jetez pas votre cigarette encore allumée, sachez regarder le ciel, acceptez de rester si un orage vous surprend, c´est grandiose, parfois dantesque. Il vous semblera que les pierres s´animent en une danse frénétique... peut être dansent-elles aussi la Tarentelle et s´abandonnent-elles à un enivrement dionysiaque, alors que le grondement du tonnerre vous plongera, pour un instant, dans les profondeurs tumultueuses du Dieu Thor.

Saint Barnabé, Col de Vence, Lycose de Narbonne
"Village Nègre" Plateau St Barnabé - Photo Jean Obry

Vous pourrez ensuite quitter ce paysage que j´espère vous aura enchanté, et redescendre par une route qui vous mènera soit dans la vallée du Var, soit, selon la direction choisie droite ou gauche, depuis Coursegoules direction Grasse cité des parfums. Les senteurs chaudes sortant du sol sauront, avec la stridulation des cigales, vous y amener, mais attention aux 4/4 qui déboulent, c´est plus dangereux que les Lycoses de Narbonne.

Sans prétention, j´ai tenu à écrire  ce petit  article, fruit  de quelques beaux souvenirs, pour les amis de “DONNERAVOIR”, je ne suis ni scientifique, ni écrivain, mais artiste peintre, autodidacte, passionné  du passé, du présent, de l´avenir du monde, ami du droit humain, de la nature et de tous les arts qui  savent la chanter pour nous enchanter, ami des Sciences, si elles ont conscience de préserver notre environnement. Je tiens à remercier chaleureusement deux photographes qui m´ont fourni des documents photographiques remarquables sur la Lycose : Monsieur Sylvain Lefebvre ©www.exode-tropical.comMA. Bertin & S. Lefebvre et Monsieur André Schont.

Je remercie également notre-planete.info pour m´avoir donné l´occasion de trouver ces photographes, qui, comme eux, donnent envie de protéger, d´aimer, de s'engager et de respecter notre patrimoine naturel. 

Jean OBRY
Artiste peintre
 ancien élève école communale Jules Ferry
Cagnes sur Mer dans les années 1941-1945

04 mars 2012

DE LA POESIE AU SLAM

En mars, à l'occasion du 14ème "Printemps des Poètes", les manifestations autour du thème national "les enfances" fleurissent dans le département. Voilà une petite sélection mais vous trouverez le programme complet sur http://www.printempsdespoetes.com/. Et, pour la première fois c'est carrément un festival de la poésie qui se tiendra à La Colle sur Loup.

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MENTON - MEDIATHEQUE MUNICIPALE

10 MARS à 15H Dans le récital «D’Ailes à elles : le voyage», Barbara-Jane accompagne à la harpe les poèmes de Brigitte Broc. Pour traduire un battement d’ailes, un silence, les éléments, Brigitte et Barbara nous confient la clé et la porte s’ouvre sur une vision commune, profondément sensuelle.

Elles nous emmènent dans un voyage où se mêlent poésie, musique, élégance et féérie.
Cette évasion poétique, où la harpe et les mots chantent en pays féminin est un pur moment de charme, d’émotion et de partage. On avance ensemble jusqu’à toucher le bord du monde, là où se mêlent l'infiniment grand et l'infiniment petit dans la nudité essentielle du langage.

Médiathèque 8 avenue Boyer 06500 MENTON tél 04 92 41 76 60.

GRASSE - MEDIATHEQUE MUNICIPALE

15 MARS à 19h Grâce à son expérience acquise au fil des ateliers d’écriture et, par sa sensibilité, Ahamada Smis arrive facilement à faire parler la plume qui nous habite, nous donne quelques clés pour ouvrir notre imaginaire et trouver les mots qui expriment ces images qui nous traversent.

Ces ateliers sont à la portée de tous et s’accordent au niveau de chacun. C’est un nouvel espace de liberté qui s’ouvre aux participants. Atelier tout public sur inscription   Médiathèque 45 rue Droite  06130 Grasse. Site

Cagnes.jpgCAGNES - MEDIATHEQUE

L'élément phare de cette manifestation est le samedi 17 mars à 11h, 15h et 17h "textes polyphonés" par Nadine Cabarrot (commédienne) et François Philipponnat (auteur et comédien) de la cie l'albatros. Textes poétiques dits, joués, jubilés, en solo ou polyphonés à deux voix.

Mediatheque 60 chemin de l'Hubac 06800 Cagnes Tél 04 92 02 37 10. Programme Cagnes Printemps des poètes 2012.pdf


LES BOITES AUX LETTRES D'OSCARR

L'association de plasticiens OSCARR participe pour la 6ème année au Printemps des Poètes.

Les boites aux lettres créées par les artistes et destinées à recevoir vos poèmes vous attendent dans les médiathèques de Carros, de Gattières et du Broc ainsi qu'à la Cave Romagnan à Nice


LA COLLE SUR LOUP - FESTIVAL LES FOUS DU LOUP

Festival les fous du Loup, La Colle sur Loup"Le village chargé d’histoire de La Colle sur Loup, au bord du site naturel et sauvage des gorges du Loup, est un lieu d’inspiration et de rencontre idéal pour les poètes.

Du 22 au 25 mars, cette première édition sera placée sous la Présidence de Jean Joubert (Prix Renaudot 1976 et Prix Mallarmé pour l'ensemble de son oeuvre). Le poète Paul Mari en sera le parrain d’honneur.

Pendant quatre jours, le village accueillera de nombreux poètes, comédiens, musiciens et artistes venus d’univers très différents pour des rencontres, des spectacles et des performances poétiques de qualité. Désireux de proposer une pratique vivante de la poésie contemporaine et d’y associer sa dimension populaire, les organisateurs ont conçu une programmation pour tous et ouverte à toutes les aventures de l’esprit.

Toutes les manifestations seront en accès libre, sauf le dimanche 25 pour le festin des Fous du Loup. Programme Festival Les fous du Loup.pdf

Contacts : Site web de La Colle sur Loup : lacollesurloup.fr Office de Tourisme de La Colle sur Loup :
04 93 32 68 36. Les Fous du Loup : André Chenet : O6 61 24 69 64 (programmation) Dom Corrieras : O6 59 37 14 90 (communication) ou par mail : lesfousduloup@gmail.com

27 février 2012

ON A BRULE LA LUNE !

Tout le long du corso des "bouffetaïres" à Vence, le week end dernier, j'ai entendu avec étonnement les enfants demander impatiemment : "quand est-ce qu'on brûle la lune ?" ! Pour préparer cette tradition provençale au coeur du Carnaval, ils avaient pourtant fabriqué avec beaucoup de soin cette énorme lune ronde, jaune et bleue.

le carnaval des bouffetaïres Vence

Au retour d'une balade de plus de trois heures dans la ville, cette symbolique "vieille lune" est partie en flammes dans la cheminée du moulin pour permettre l'arrivée de la nouvelle lune, l'appel du printemps et le cycle de la vie qui renaît après l'hiver.

le carnaval des bouffetaïres Vence

Mais revenons à la place du grand jardin pour suivre le parcours en images des "Bouffetaïres" qui ont joué du soufflet qui chasse les mauvais esprits...

le carnaval des bouffetaïres Vence

Grands et petits ont fait sauter le paillassou... "Dans ce pantin, on met tout ce qu'on a accumulé comme soucis l'année passée puis on le jette le plus loin possible afin de zapper les moments difficiles et de bien commencer la nouvelle année".

le carnaval des bouffetaïres Vence

Les batailles de farine ont alterné avec les rondes et les chants, au gré des fifres et des tambourins. Et ça fait du bien de voir des gens qui s'amusent vraiment !

le carnaval des bouffetaïres Vence

Tout le long du parcours, quelques haltes pour désaltérer les chanteurs et les danseurs grâce à des particuliers ou à certains commerçants. Et les buffets, copieux, ont été appréciés par tous, y compris le public enfariné... et Mme la Lune toujours de la partie...

le carnaval des bouffetaïres Vence

Jusqu'au retour au moulin, siège de l'association vençoise La Brissaudo qui maintient les traditions locales et provençales. Quant aux enfants, ils ont regardé brûler, sans regret, cette "vieille lune" parce qu'ils savent bien que, l'année prochaine, ils fabriqueront à nouveau une lune pour ce corso si convivial et qu'ils joueront à nouveau avec les "bouffetaïres". Et ainsi de suite...

 le carnaval des bouffetaïres Vence

Un peu d'histoire sur la "Buffatière"

"...le Carnaval était l'occasion de perpétuer une tradition très particulière : "La danse du soufflet" ou "Buffatière".

Les exécutants y décrivent de savantes et immuables figures chorégraphiques, chacun étant nanti d'un soufflet de cheminée. A intervalles réguliers, lorsque la musique (saxophone, trompette, accordéon, tambour) attaquait le refrain, chaque danseur s'ingéniait à souffler dans le postérieur de son prédécesseur. Les évolutions de la troupe étaient dirigées par un meneur de revue qui décidait des figures à exécuter à un signal convenu en fonction de la musique et des dimensions de la rue parcourue.

Cette danse, nous viendrait du Moyen-Age. A cette époque, les hommes (toujours purs !) vêtus de blanc, "arrosaient" de farine les spectateurs, à l'aide de soufflets. Lorsque les évolutions du groupe le conduisaient auprès d'une femme réputée de mœurs légères, une marque noire (à la suie) lui était appliquée sur la figure, en opposition à la teinte blanche des enfarinés environnants.

L'instrument essentiel de cette occupation est le soufflet. Dans la civilisation chinoise dont il provient, cet instrument servait à chasser les démons, se détournant ainsi de sa vocation actuelle d'attiseur de feu.

Cette danse, d'ailleurs pratiquée dans de nombreux villages de notre région, dotée d'une version purement lunassienne, fait bien partie intégrante de notre culture.

Toutes les explications proposées tournent autour du symbole représenté par le soufflet et le déplacement d'air qu'il génère: le souffle c'est l'esprit, le souffle libérateur de l’âme des morts portée en soi par chacun..., le souffle de la vitalité en cette période de Carnaval qui marque la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, le souffle fertilisateur (le soufflet symbolisant le sexe masculin)...

Dans la Collégiale Notre-Dame de Villefranche de Rouergue, un bas-relief sur l'une des stalles du XVème siècle (chef d'œuvre d'André Sulpice, sculpteur marvejolais), représente une scène de danse du soufflet, attestant ainsi l’ancienneté de cette coutume..."

Source: http://www.lunas.org/folklore_traditions_populair...

10 août 2011

HISTOIRES DE PIERRES ET D'EAU

Le point commun entre tous les sites visités durant mes vacances a été la pierre, celle qui raconte la vie des hommes, des lieux, de la petite histoire à la grande. 

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Le site archéologique de GLANUM à St Rémy de Provence dont la mise à jour est récente, 1921, a successivement connu trois civilisations, gauloise puis grecque et enfin romaine. A l'origine, les Gaulois avaient construit la cité autour d'une source miraculeuse dont l'eau avait la réputation de guérir.

P1050594.JPGA voir aussi la belle note de Louis-Paul Fallot sur St Guilhem le Désert : cliquezICI

Sur le chemin des pélerinages à St Jacques de Compostelle, l'abbaye de Gellone à Saint Guilhem le Désert dans l'Hérault, pas loin de la rivière du même nom, a été batie en 804 par un grand seigneur guerrier, Guilhem, Comte de Toulouse et Duc d'Aquitaine, qui avait choisi de déposer les armes et de se faire moine. Avant que ce monument de l'Art Roman ne soit protégé, restauré, classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, nombre de ses pierres et de ses sculptures ont été pillées au fil des péripéties historiques, pour certaines emmenées de l'autre côté de l'Atlantique..., puis restituées.

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Un peu plus bas sur l'Hérault, le "Pont du diable" permettait le passage des pélerins vers l'abbaye. La légende raconte que, lors de sa construction entre 1028 et 1031, chaque nuit le diable démolissait ce qui avait été réalisé dans la journée jusqu'à ce que Guilhem de Gellone lui promette l'âme de celui qui traverserait le premier le pont. L'édifice terminé, on envoya un chien et, de désespoir, le diable se jetta du haut du pont...

P1050642.JPGA Montpellier, l'esplanade du Corum (complexe culturel et commercial) accueille 5 étranges statues décapitées et peintes de couleurs flashy :  les Allégories d' Allan Mc Collum. En voilà l'idée : "Pour l'inauguration de la ligne n°1 du tramway de Montpellier en 2000, Allan Mc Collum conçoit "Allégories", une oeuvre qui reproduit grandeur nature cinq statues détériorées et mutilées, trouvées dans le parc du château Bonnier de la Mosson. A partir de ces statues, l'artiste crée des reproductions aux couleurs vives. Mc Collum propose ainsi une allégorie de la dissolution et de la renaissance : la résurrection par la technologie moderne".

P1050675.JPGL'église Notre Dame des Anges à Collioure, de style "gothique méridional", contient des trésors comme l'impressionnant rétable du maître autel, sculpté sur bois et recouvert de feuille d'or. Par contre, je n'ai pas trouvé d'explication religieuse à la présence de 4 anchois sculptés au fond du bénitier de marbre... Il faut savoir que les anchois sont  une spécialité locale...  !

P1050724.JPGCéret, jolie bourgade des Pyrénées Orientales, célèbre pour son musée d'Art Moderne et ses cerises, a fait partie du Royaume de Majorque. Dans ce temps où Céret était une ville fortifiée, entourée d'un fossé, la "Porte de France" permettait l'entrée dans la cité quand on venait de France. Devenue maison de maître au 19ème siècle, elle abrite maitenant la médiathèque de Céret. Un bel éclairage nocturne met en valeur ces vieilles pierres.

P1050775B.JPGDans l'abbaye d'Arles sur Tech (Pyrénées Orientales), "la sainte tombe" est un sarcophage du IIIème siècle qui produit en continu une eau pure dont l'origine est inconnue. L'eau recueillie, deux à trois fois par an, 200 à 300 litres, est distribuée aux croyants parce qu'on lui attribue des "vertus curatives miraculeuses". D'où vient cette eau ? Mystère religieux ou simplement infiltrations d'eau de pluie, de nombreux scientifiques ont étudié le phénomène, sans trouver une explication certaine. Pour l'anecdote, "la sainte tombe" a arrêté de produire de l'eau à deux reprises, c'était lors des deux guerres mondiales...

P1050821.JPGUn autre "Pont du Diable", celui-ci est à Céret et son histoire est une variante de la légende précédente (celle du pont sur l'Hérault). En échange de la première âme qui le traversera, le diable va construire le pont en une nuit à la place de l'ingénieur dont plusieurs tentatives de construction se sont écroulées. Quelques minutes avant l'achévement du pont par le diable, l'ingénieur envoie un chat et le diable pour l'attraper laisse tomber la dernière pierre. La pierre est toujours manquante quelques siècles plus tard.

 

Plus d'infos :

La source miraculeuse de Glanum à St Rémy : http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/glanum__13_bouc...

L'abbaye de Gellone à St Guilhem le désert : http://www.saint-guilhem-le-desert.com/spip.php?article170

Le pont du diable de l'Hérault : http://www.decouverte34.com/Pont-du-Diable

Le pont du diable des Pyrénées Orientales : http://pititaxuride.centerblog.net/6071044-La-legende-du-...

La Sainte Tombe de l'Abbaye d'Arles sur Tech : http://www.tresvents.fr/tradition/sainte-tombe.php

Notre Dame des Anges à Collioure : http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments...

Les allégories du Corum à Montpellier : http://www.ot-montpellier.fr/montpellier-creative/les-oeu...

15 février 2011

A QUI APPARTIENT CETTE HISTOIRE ?

A QUI APPARTIENT CETTE HISTOIRE D'UN GRAND PORTRAIT ?

Je la recopie telle que je l'ai reçue mais j'aimerai bien retrouver son auteur…

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Un jour, on m’a demandé de donner un cours d’acupuncture à l’Institut de Kiev pour le perfectionnement des médecins. J’ai passé en revue les ouvrages spécialisés et préparé des affiches et des schémas. Mais il s’est avéré qu’il manquait une petite chose : la représentation de l’oreille à partir de laquelle je devais présenter les points où appliquer les aiguilles.

Voilà qu’une grande idée m’est venue : je me suis rappelé qu’à la sortie de la station de métro “ Ma¿dan Nezalezhnosti ” (Place de l’indépendance) se trouvent des graphistes de rue qui gagnent leur l’argent en peignant : ils font des portraits pour 20 grivnas. Quelle différence pour eux, ai-je pensé, que de dessiner différentes parties du corps, que ce soit le visage ou autre chose. Qu’ils me dessinent une oreille pour 20 grivnas !

Je me suis donc rendu là-bas. Il y en avait trois qui étaient installés devant leur chevalet et observaient les passants sournoisement. Je me suis approché de l’un d’eux : «Je voudrais commander un petit dessin».  Il m’a longuement regardé, vous savez, de ce regard qu’un peintre peut jeter, doublé d’un léger mépris et sans afficher d’intérêt particulier : « Vous le voulez de face ou de profil ? » a-t-il demandé. «De profil, lui ai-je murmuré, mais juste une oreille, rien d’autre. Et de plus grande dimension, s’il vous plaît ». Il m’a alors regardé avec une certaine considération : « Ah, oui ? De dimension, vous dites, plus grande ? ».  J’ai lu dans ses yeux qu’il en avait vu des dérangés, mais des comme moi, c’était la première fois. Il m’a examiné encore une fois, et m’a dit : « Vingt grivnas ! ». « Pas de problème » ai-je répondu. Il m’a demandé de m’asseoir sur l’escabeau.

Sans doute avez-vous déjà remarqué que les peintres de rue installent leurs clients de manière à ce qu’ils tournent le dos au public. Ainsi, les passants peuvent voir tout le processus de création du dessin, leur faisant ainsi une sorte de publicité. Celui-ci a fait exactement le contraire. Il m’a installé plus près du public et lui-même s’est assis le carton à la main et le dos appuyé contre le mur pour que personne ne puisse voir ce qu’il y reproduisait. Il s’est mis à travailler. Quant à moi, j’étais assis complètement de profil à lui, pour qu’il voie mon oreille...

À ce moment-là, son collègue peintre, qui était assis à côté, s’est approché de nous. Une fois près de moi, il m’a fixé du regard et a dit : « Oh ! Vous êtes très photogénique ! Et charismatique ! Vous savez, je vais moi aussi vous peindre. Si vous aimez ma toile, vous pourrez l’acheter. Si non, je la garderai. Il n’y a aucun problème. Ok ? ». «Ok » ai-je répondu. Et il s’est mis à dessiner. Pas l’oreille bien sûr, mais le corps entier, comme il se doit. Sur ce, le troisième peintre, qui était assis de l’autre côté, lui a lancé : « Monia ! Tu ne fais que barbouiller le papier ! Je vais te montrer comment il faut dessiner le charisme ! ». Et le troisième peintre s’est également mis à ébaucher mon portrait, n’ayant rien d’autre à faire car il n’y avait aucune commande ce jour-là. Les passants qui ne cessaient de défiler se sont aperçus que quelque chose d’inhabituel se passait : trois peintres esquissaient un client...

Curieux, les gens s’arrêtaient, commentaient, examinaient en détail, regardaient qui des artistes étaient le meilleur. Mais seuls deux portraits étaient visibles, le troisième, qui était tourné vers le mur, non. Le public était intrigué « qu’est-ce que cela pouvait être ? » Les gens ont commencé à encercler le peintre qui dessinait mes deux oreilles. Ils voulaient évidemment voir le dessin. Mais le peintre s’est redressé contre le mur et a crié : « Ne m’empêchez pas de travailler ! ». Et il les a tous chassés d’un geste de la main. Les gens se sont écartés. Mais ils demeuraient là, dans l’attente. Ils attendaient de pouvoir regarder le portrait qu’il avait dessiné.

Quelque temps après, les trois peintres avaient achevé leur travail. Celui qui avait dessiné l’oreille a jeté un bref regard sur le dessin et l’a roulé en tube ! Il souhaitait me rendre son chef d’œuvre de telle manière que le public ne le voie pas. Eh, oui ! J’avais raté une occasion de me produire ! Je me suis levé de la chaise et ai saisi l’un des portraits : « Pas mal, pas mal ! » ai-je dit à l’adresse de l’auteur. À mon avis, vous êtes celui qui est parvenu le mieux à reproduire la courbure du nez. On y sent la perspective ! Le mouvement ! Mais... d’un autre côté... Mmm... (en prenant le ton d’un connaisseur), votre reproduction est trop... concrète... et je voulais quelque chose de moderne ! De post-moderne, comme on dit... Mais, c’est bon, je le prends. ». 

Je lui ai donné 20 grivnas et ai saisi le deuxième portrait : « mm... bien... Le tout est... original, vous savez ? Original... Il y a du post-modernisme, vous savez ? C’est présent, tout à fait présent... Mais cela manque de symbolisme, le symbole devant refléter mon âme. Je ne le prendrai pas pour 20 grivnas, par contre, si pour dix... ». Il a été d’accord. Je lui ai donc donné 10 grivnas, et finalement, j’ai déroulé le dessin de l’oreille pour le montrer au public : « Admirable ! » ai-je dit. « Admirable ! C’est absolument ce que je voulais. Dans ce portrait, vous avez saisi mon âme... Mon alter ego ! Merci ! Picasso pourrait envier ce travail ! Vous êtes un véritable talent ! Un génie ! ». J’ai serré la main artistique du peintre, lui ai donné 20 grivnas et suis parti vers le métro.  Le public s’est écarté silencieusement pour me laisser passer.

 

21:25 Écrit par Ventura's blog dans Un peu d'histoires | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer |

01 janvier 2011

LETTRE A UN PEINTRE DEBUTANT

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Cher futur artiste,

 Je te remercie pour ta longue dernière lettre. Je vois avec satisfaction que tu t’intéresses à la peinture mais je me dois de t’apporter quelques commentaires, rectifications ou mises au point. Tu as rencontré le peintre Buffet au restaurant de la gare. Quelle coïncidence ! Tu as vu à la télévision une émission sur Toulouse-Lautrec. Je comprends que tu aies été déçu si tu t’attendais à voir un match de rugby ! Je suis content de savoir que tu as un bon copain peintre qui te conseille aussi et qui est très gentil…  J’aime beaucoup quand tu dis, sans le faire exprès : « Mon ami, quel ange ! » Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter. Tu aimes Lebrun ; moi, je préfère Renoir. Tu me dis que tu aimes Raphaël (avec modération), mais que tu maudis…Gliani et que tu supportes Monet. C’est ton droit. Moi, j’ai un penchant pour Courbet. Claude Monet n’a jamais perdu son temps et il était bien français, malgré le proverbe anglais qui dit : Time is Money. Je ne sais pas si, comme tu l’écris, Fernand Léger ne faisait pas le poids, mais ta plaisanterie est un peu lourde. C’est vrai, « les Glaneuses » et « l’Angélus » de Millet ont été beaucoup reproduits. Sa famille n’a pas assez veillé au grain. 

Léonard de Vinci était bien florentin mais sa mère n’était pas Véronèse, (tu dois confondre). Non, le douanier Rousseau n’a rien à voir avec Jean-Jacques. Si tu le croyais, toi aussi tu es naïf. (A propos de ce douanier, je n’ai rien d’autre à déclarer.) Contrairement à ce que tu affirmes, Braque n’était pas étourdi ou écervelé et je t’assure que Miro avait une bonne vue. Ingres jouait du violon mais Géricault ne jouait pas de la trompette.

 

Pour peindre, je te conseille la peinture acrylique, ce sera plus facile. Rappelle-toi : « L’acrylique est aisée, et l’art est difficile. ».

 

Je précise que ce texte n'est pas de moi. Il m'a été remis, il y a quelques années, par une amie du Pas-de-Calais pour laquelle un peintre et poète "des gens du Nord" l'avait écrit.

 

 

27 octobre 2010

LA BIODIVERSITE DE L'HIPPOCAMPE ROUGE

Et dire que, malgré mes promenades régulières au bord de mer, je ne l'avais pas encore remarqué ! Et pourtant il campait, fier, à l'entrée du club de voile au port du Cros de Cagnes, sculpture originale réalisée par la plasticienne KIM BOULUKOS et les élèves du CE2B de l'école Giono.

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Légende locale véridique ou...  invention écologique... voici l'histoire de l'HIPPOCAMPE ROUGE du Cros de Cagnes.

Bien de passionnantes légendes ont couru sur la côte qui longe le petit village de pêcheurs du Cros de Cagnes, au bord de la Méditerranée, à l’époque où les pointus commençaient à naviguer sur les flots… Mais la plus étonnante fût celle de l’hippocampe rouge.

Dans ce coin de paradis, quand on se promène sur le port du Cros de Cagnes par beau temps, on croit que tout est calme. Les vagues bercent les poissons endormis sous un soleil lumineux. Tout n’est qu’harmonie, sérénité… Mais les apparences peuvent être trompeuses !

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Il était une fois le roi Ecaillus 1er qui avait des goûts très particuliers. Il ne voulait manger que du poisson. Aussi, les pêcheurs qui étaient au service de sa majesté goulue étaient obligés de lui ramener chaque jour quarante paniers bien remplis de poissons en tous genres : daurades, merlans, loups, sardines, sabres, rougets, baudroies, girelles…

Rien n’échappait à son palais ! La mer Méditerranée se vidait chaque année de trente tonnes de poissons pour satisfaire l’énorme appétit de ce roi égoïste, affamé et cruel. Mais les choses changèrent…

Un matin, le pêcheur Poiscaillus qui était parti de très bonne heure sur son petit pointu bleu et blanc avec l’espoir de ramener une belle pêche dut se rendre à l’évidence : « Par la grande queue du dauphin bleu ! pas un seul poisson dans mes nasses aujourd’hui ! ».

Il revint bredouille dans le petit port où tous les pêcheurs l’attendaient les filets vides. Le roi allait être furieux !

Ils décidèrent alors de changer leur façon de pêcher et demandèrent aux charpentiers de construire de plus gros bateaux, au maître cordier de fabriquer de plus grands filets tels des râteaux géants pour racler le fond des mers, et enfin abandonnèrent leurs petits pointus.

Ils allaient même, par nuit de tempête, jeter les filets géants dans les courants les plus dangereux, face au petit clocher jaune qui devait veiller sur eux. Congres, murènes, thons, soles, rascasses, mendols, daurades royales, mulets, sublets. Nul poisson ne résistait à ses papilles de plus en plus exigeantes et insatisfaites.

Mais voilà, un jour, le roi qui en avait assez de manger tous les poissons de la mer Méditerranée, ceux du fond, comme de surface et même la poutine, privilège local de cette petite baie, ordonna à ses serviteurs les pêcheurs de trouver d’autres saveurs marines. Quelque chose de différent pour changer son quotidien ! Les pêcheurs n’eurent plus comme choix que de se réunir dans leur petite église au clocher jaune pour prier et se résoudre à cette injustice. Comment allaient-ils nourrir leur famille ?

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Pendant ce temps là, à l’autre bout de la baie, un des leurs, le petit Rascassus ne se découragea pas ! Par une nuit sombre, il reprit son bon vieux pointu, et jeta ses filets. La chance sembla lui sourire car alors qu’il les remontait, il sentait quelque chose lui résister. Sous la lueur de la une, il fût alors ébloui par les reflets d’un rouge étincelant d’un étrange hippocampe qui se mit à parler : « Sais-tu Rascassus que j’ai passé mon enfance dans les eaux tranquilles du Cros de Cagnes et qu’aujourd’hui je suis le dernier hippocampe rouge de la mer Méditerranée ? Alors je t’en prie, redonne-moi ma liberté, en échange je réaliserai ton vœux le plus précieux».

Rascassus souhaita de tout son cœur… que le roi change de régime alimentaire et qu’il devienne raisonnable dans sa façon de se nourrir afin de respecter la mer. Et depuis le jour où ce vœu se réalisa, devant le petit clocher du Cros, face à la mer rayonne le bel hippocampe rouge, message de biodiversité.

Février 2011 : une jeune élève du CE2B de l'école Gambetta m'apprend que leur hippocampe rouge est maintenant bien au chaud dans la serre du Parc Phoenix à Nice.

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http://boulukos.free.fr/

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